Chique de bétel, thuoc lao et le thé

Dans des périodes antiques, l'habitude vietnamienne de mâcher le bétel a pu être comparée avec l'habitude occidentale de boire du café ou fumer des cigarettes ou tabacs
Selon la légende, la chique de bétel viendrait de l'époque des Hung Vuong. Une chique de bétel se compose de quatre matières soient la noix d’arec pour le goût sucré, la feuille de bétel pour le goût piquant, l'écorce de racine chay pour le goût amer et la chaux pour le goût ocre.
De génération en génération, les femmes enseignèrent aux jeunes filles l'art de préparer, soigneusement et minutieusement, la chique. Cette réalisation s'opère par différentes étapes dont la première consiste d'ôter l'écorce verte du noix d'arec, de le partager en quartiers réguliers ; les feuilles de bétel sont coupées en deux ou trois lamelles, dans l'axe du pétiole. L'opération suivante réside à prélever un peu de chaux dans le pot, à l'aide d'une lame, d'en étaler une fine couche sur la feuille, d'y introduire des racines de l’isonandia, cay chay, et une racine de cannelle, au bout, afin d'adoucir le goût. Mais la partie délicate revient à rouler cette préparation afin qu'elle ne soit ni trop fine, ni trop épaisse, et d'utiliser le pétiole, taillé en pointe, pour l’empêcher de se dérouler. Dans les bonnes familles, les élégantes apprenaient l'art de rouler la chique en « aile de phénix », consistant à adjoindre au cylindre deux fines lamelles pointues, semblable à des ailes déployées.
Tabac fort - thuoc lao et le thé, l’indispensable boisson des Vietnamiens
Alors que vous marchez le long des rues, quelque part sous un lampadaire, à l’ombre d’un arbre ou dans l’encadrement d’une porte, il y a une table basse avec des pots de verre contenant différentes sortes de bonbons, de noix grillées et pilées, et de gâteaux enrobés de sucre. Généralement, juste à côté de ces douceurs, se trouve un humble plateau de thé avec des tasses. Autour de la table, s’agencent plusieurs petits tabourets de bois. Et nous avons la description complète du stand de thé, qui fait vraiment partie de la vie de rue vietnamienne.
La première phrase du client sera invariablement : «Une tasse de thé s’il vous plaît. » Le vendeur verse alors adroitement le thé fumant dans une petite tasse, qu’il tend au client. Cette boisson est considérée comme indispensable par tous les habitants de la ville. On boit du thé chaque jour, du petit matin jusqu’à tard dans la nuit. Les gens en boivent à la maison, sur leur lieu de travail, et dans les stands de thé qui parsèment les rues.
Dès que les Vietnamiens ont soif, ils recherchent cette boisson, consommée aussi bien l’été que l’hiver. Par temps froid, siroter un bon thé brûlant réchauffe de l’intérieur. Dans le sud, les gens ont tendance à le préférer froid, avec des glaçons.
En y regardant de près, vous apercevrez toujours à côté des tables à thé un vieux tube de bambou, appuyé contre la table ou rangé dans une boîte en bois. Il s’agit du dieu cay (pipe à eau), très caractéristique du Nord du Vietnam. Pour fabriquer cette pipe, il faut un tube de bambou d’une hauteur allant jusqu’à 0,5m, avec une ouverture à l’une des extrémités.
Le fumeur de pipe commence par rouler une petite quantité de tabac (thuoc lao) dans sa main avant de l’introduire dans le petit tuyau de bois. Il porte alors l’extrémité ouverte du bambou à sa bouche et allume le tabac avec un bâton de bambou tout en aspirant. On entend le bruit du gargouillis de l’eau à l’intérieur de la pipe, qui permet de filtrer la fumée. Lorsque tout le tabac s’est consumé, le fumeur renverse la tête en arrière et exhale lentement la fumée par la bouche, afin d’apprécier complètement tout ce qu’elle a à offrir.








