Le Centre

Les Sa Huynh avaient un réseau commercial étendu. Les perles de Sa Huynh sont faites de matériaux tels que verre, agate, grenat, qu'on ne trouve pas dans la région et étaient vraisemblablement importées. On a également trouvé à Sa Huynh des miroirs en bronze de la dynastie chinoise des Han (202 avant J.-C. - 220 après J.-C.). Inversement, Sa Huynh produisait des boucles d'oreilles qu'on a retrouvé sur des sites dans le centre de la Thaïlande, dans l' île des Orchidées à Taïwan et à Palawan aux Philippines.
Vers le IIe ou Ier siècle av. J.-C., des populations de langue austronésienne, les Cham, sans doute venus de l'île de Bornéo, s'installent sur le littoral du Viêt Nam central.
Plusieurs sites, correspondant aux premiers siècles de notre ère, ont été reconnus et fouillés le long des côtes orientales de l'Annam. Comme pour toute cette partie du monde asiatique, les plus anciens renseignements historiques nous sont donnés par des textes chinois. Ils mentionnent la commanderie du Rinan, marche-frontière à l'extrême sud de l'Empire du Milieu, créée sous les Han. La plus méridionale de ces « sous-préfectures », Xianglin, aurait été peuplée d'aborigènes indisciplinés, et fréquemment envahie par les « barbares » voisins. Lors d'une attaque, en 137 de notre ère, les Chinois sont contraints d'évacuer la région, tandis que le mandarin local est tué. Un « barbare », Quilan, se proclame roi : c'est l'origine du royaume du Linyi, au sud du Rinan.
Les descendants de Quilan ont probablement installé leur capitale dans la région de Hué, et se sont progressivement sinisés. En 446, les Chinois s'emparent de la capitale du Linyi et emportent avec eux des « dieux barbares », statues qui semblent attester un début d'indianisation. Dès 520, les noms des souverains du Linyi semblent être une transcription en chinois de noms sanscrits : Pi Cuibamo serait ainsi Vijayavarman.
À la fin du IVe siècle, quatre inscriptions en sanscrit, trouvées dans le Quang Nam et le Phu Yên, mentionnent une divinité Bhadreshvara, le « seigneur favorable », c'est-à-dire Shiva. Il s'agit du plus ancien exemple, en Asie du Sud-Est, d'un nom de divinité portant le nom de « roi ». La première mention d'une capitale est datée de 605 après J.-C. D'autres inscriptions révèlent le nom de Champa par lequel était désigné le royaume. Du IVe au XVIIe siècles, ce royaume s'étendait sur la côte orientale du Viêt Nam d'aujourd'hui, de la Porte d'Annam au nord à la région de Phan Thiêt (région du Binh Thuân) au sud. L'usage est désormais d'appeler les habitants du Champa et leurs descendants, les Cham.
Au début du Ve siècle, le moine bouddhiste chinois Faxian, sur le chemin du retour d'Inde en Chine, y fait escale et décrit « le fort nez droit et les cheveux noirs et bouclés » de ses habitants, ainsi que leurs pratiques funéraires de la crémation au son des tambours.








