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Ecrire par Mme. Nathalie CHAHMIRIAN
Accueill » Vietnam » Hue

Hue

Hué - grand centre de l'architecture vietnamienne


Hue est l’ancienne capitale impériale du Viêt Nam. Elle est située au centre du pays, non loin de la mer. Le fleuve Sông H??ng (rivière des Parfums) le traverse et sépare la vieille ville au nord de la cité moderne au sud.

Le fait qu’elle ait été capitale impériale du Viêt Nam, l’aristocratique culture de la cour mandarinale, la finesse de sa poésie et son agilité intellectuelle donnent à Huê un caractère particulier.

Capitale des Nguy?n, les seigneurs du Sud, au XVIe siècle, Hué devient la capitale du Viêt Nam tout entier après sa réunification par Gia Long en 1802. La cité impériale est devenue la résidence impériale et le siège de la cour, Hué acquiert un grand prestige et un grand raffinement qui se traduisent notamment dans la musique et dans la cuisine. La cité interdite est partiellement détruite en 1885, puis en 1947.

Sous la colonisation française, Hué devient la capitale de l’Annam, l’une des subdivisions de l’Indochine française. La monarchie est maintenue mais passe sous tutelle. Les Français encouragent alors le développement architectural de la ville, gardant à Hué son statut de ville impériale jusqu’en 1945, date de l’abdication de l’empereur B?o ??i.

Le 29 janvier 1968 dans le cadre de l’offensive du Têt les nord viêtnamiens attaquèrent la ville. Après avoir massacré plus de deux mille cinq cents habitants de ceux considérés comme l’« élite », ils tentèrent un assaut sur le camp retranché qui échoua.


Rivière des Parfums


La rivière des Parfums (en vietnamien : sông H??ng) est un fleuve côtier du Vi?t Nam, long d'une trentaine de kilomètres qui traverse Hué avant de se jeter en Mer de Chine dans le lagon de Tam Giang. Elle fut ainsi nommée car en automne, les fleurs des arbres fruitiers qui tombent dans la rivière embaument ensuite la ville de Hué. La rivière des Parfums traverse paisiblement la ville de Huê, jusqu’à se jeter dans la mer au niveau de l’embouchure de Thuan An. Les eaux de la première de ses deux sources, celle de Truong Son, roulent à travers 55 cascades jusqu’à Bang Lang, point de rencontre avec les eaux jaillies de la source Nord. C’est à la croisée des deux cours déjà apaisés, que prend naissance la poétique rivière des Parfums. Après le franchissement du temple de Hon Chen, au pied de la montagne Ngoc Tran, la rivière bleuit brusquement.

On s’y promène en sampan, entre rêve et poésie, en se laissant peu à peu gagner par le murmure des eaux et les chants lointains de la romantique Huê. Derrière les murailles et remparts des berges, on devine la vie des rues de la cité, les vergers, les pagodes et les tours... C’est la rivière des Parfums qui conserve à la cité impériale cette tranquillité, cette délicatesse, comme un écrin, sur cette terre de profonde culture.

Pagode Thien Mu


Située au bord de la rivière des Parfums à 5 km de Hué, la pagode de Thiên Mu est la plus célèbre de la ville impériale. A sa construction, en 1601 par le seigneur Ngyên Hoang, il s'agissait d'un temple dédié à la "Dame Céleste" d'où le nom de Thiên Mu. Le temple fut restauré en 1815 et 1821 par Gia Long et Minh Mang. En 1841, Thiêu Tri fit ériger le stupa de 7 étages, haut de 21 m. Le roi offrit par la suite 7 statues de bouddha en or qui furent placées à chaque étage du stupa. En 1844, il transforma le temple en pagode qu'il mit sous protection royale.

En 1904 un typhon ravagea la pagode. Elle fut restaurée par la suite par Thanh Thai. Un français dénommé Mahé, alors envoyé par les autorités françaises au près de la cours des Nguyên déroba en 1912 toutes les statues. Il tenta par ailleurs de profaner le tombeau de l'empereur Tu Duc.
Un autre événement, lié à la pagode Thiên Mu, défraya la chronique en 1963 à Saigon. Le bonze Thich Quang Duc, moine de la pagode, s'immola par le feu pour protester contre la répression et les violences perpétrées à l'encontre des bouddhistes par la police du régime dictatorial du président Diêm. Les images effroyables de son immolation firent le tour du monde. L'indignation du monde entier fut à son comble lorsque Mme Nhu, la belle sœur de Diêm, qualifia la scène de "barbecue". Peu après, ce fut la chute du régime et la mort de la famille de Diêm.

Tombeaux des empereurs Nguyen
Les Nguyen très impressionnés par la culture chinoise, firent construire une cité royale qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la Cité impériale de Pékin, mais à la manière des Ming, ils voulurent se construire des tombeaux à proximité. En cela, ils rompaient complètement avec les Lé postérieurs, dont les dépouilles mortelles avaient été enfouies dans de simples tombeaux en pierre ou en maçonnerie à Lam Son (Thanh Hoa), la ville natale des fondateurs de la dynastie. Les rois Nguyen ont fait édifier de leur vivant leurs propres sépultures ce qui leur a permis de surveiller les travaux. Ils étaient inspirés par une ancienne croyance populaire : « l’âme du défunt continue de vivre dans l’au-delà, il faut s’occuper d’elle, lui faire des présents, la protéger contre les mauvais génies, il faut par conséquent laisser son corps à proximité et assurer la pérennité de son souvenir... ».
Pour chaque tombeau royal, on trouve quatre voire cinq composantes identiques. Ce qui fait la différence entre tous ces tombeaux : c’est l’agencement et la mise en valeur des traits de la personnalité du roi.
La Cour d’Honneur, appelée parfois Cour des Audiences est généralement une terrasse s’élevant en gradins ( semblable à celle qui précédait la salle du Trône dans la citadelle ), et sur laquelle étaient célébrées les cérémonies rituelles. On y trouve presque toujours des statues de mandarins, de soldats, de chevaux et d’éléphants.
Le premier édifice est une stèle ou le pavillon de la stèle. Il est dédié à la mémoire du roi défunt, dont les hauts faits ( le plus souvent grandement exagérés ) sont gravés sur une stèle de pierre.
Le deuxième édifice est le temple du culte, il est consacré à l’âme, avec un autel sur lequel sont disposés la tablette funéraire et les objets familiers.
La dernière construction principale est destinée à la dépouille corporelle, c’est le tombeau proprement dit. Dans certains cas, il s’agit d’un tombeau symbolique, le corps étant enterré dans un autre endroit secret, à l’abri des vandales et des rebelles.
Une ou deux enceintes entourent chacun des monuments, celle qui entoure le tombeau porte le nom de Mur Précieux et généralement close par une porte de bronze, destinée à n’être ouverte qu’une fois par an.
Enfin, on trouve des bâtiments annexes, certains élevés à la mémoire des ancêtres, d’autres destinés à loger les épouses et concubines après la mort. Ces dernières étaient censées faire brûler de l’encens quotidiennement à la mémoire du défunt.
L’espace consacré aux tombeaux royaux Nguyen n’avait pas de limites faisant penser à de véritables nécropoles. Le plus grand d’entre eux, celui de Gia Long s’étendait sur pas moins de 2875 hectares et celui de Tu Duc, pourtant l’un des plus petits, sur 225 hectares.

LE TOMBEAU DE MINH MANG


Il offre un grand intérêt parce que celui-ci se rapproche le plus des sculptures Ming de Pékin. Il se trouve sur la rive gauche de la Rivière des Parfums, au confluent de deux petits affluents de la rivière, à une douzaine de kilomètres de Hué.
Minh Mang ( 1820 – 1840 ), deuxième roi de la dynastie et quatrième fils de Gia Long, est à peu près le seul souverain avec son père, qui ait adopté un plan d’ensemble, en plaçant les différents bâtiments suivant l’axe même du tombeau ; les constructions annexes sont situées sur les collines avoisinantes, séparées par deux pièces d’eau creusées à mains d’hommes...De magnifiques allées bordées d’arbres de toutes essences procurent une ombre bienfaisante lors de la visite.
Contrairement à la plupart des autres tombeaux, et bien que dessiné par le roi lui-même, celui-ci fût construit entre 1841 et 1843, soit juste après la mort du roi, intervenue en 1840. Occupé à la construction de plusieurs bâtiments dans la citadelle et à faire 142 enfants, il avait certainement surestimé le temps qui lui restait à vivre.
La nécropole est entourée d’un mur de 2,80 m de haut et long de 1732 m. Les monuments principaux sont orientés suivant un axe Est-Ouest. Pour y accéder, il faut franchir une porte monumentale située à l’Est.
Nous parvenons tout d’abord devant le Pavillon de la Stèle, de taille assez modeste. Ici, sur la cour sont alignés une série de personnages et d’animaux : Sous un édicule couvert en plomb, sont campés deux griffons en bronze doré. Puis, viennent les statues en pierre. Des officiers et soldats de la garde royale, et enfin deux chevaux et deux éléphants caparaçonnés. Cet alignement forme le « Chemin de l’Esprit ».
Au-delà, la Porte de la « Vertu Rayonnante » nous amène devant le temple du Culte appelé « Pavillon des Bienfaits vénérés ». Ce Bâtiment de bois soutenu par 64 colonnes, a beaucoup de charme avec ses riches sculptures.
Puis, nous traversons un des trois ponts parallèles construits sur le lac de la Pure Clarté, pour arriver au Palais de la Lumière, un pavillon de repos de deux étages.
Vient ensuite, l’ensemble le plus harmonieux : Devant le lac de la « Lune Croissante », sont dessinés de petits jardins, reliés à l’enceinte sacrée par un pont en pierre, à chaque extrémité duquel s’élève un portique en bronze rappelant ceux du Palais impérial de Pékin. Chacun des portiques se compose de quatre colonnes de bronze autour desquelles s’enroule un dragon. Les entrecolonnements sont formés de panneaux en cuivre émaillés illustrant les attributs des quatre saisons. C’est le pont de l’Intelligence qui nous mène enfin au Tumulus sacré où repose le souverain, et qui est protégé par le « Mur Précieux ». Le monument funéraire est inaccessible au visiteur.

LE TOMBEAU DE TU DUC


Situé à 7 km au sud de Hué, c’est sans doute le plus romantique et le plus séduisant. En fait, à Khiem Long, son autre nom, on a davantage l’impression de visiter une résidence de plaisir qu’un tombeau. C’est un peu normal puisque construit du vivant du roi qui l’appelait son Éternité, il lui servait de retraite régulière pour venir composer quelques poèmes dont il était friand, ou pour tout simplement pêcher. Ce parc abrite non seulement tous les éléments d’un tombeau royal que nous vous avons décrits plus haut, mais encore tous les bâtiments d’une résidence royale: Palais de séjour du roi, palais des femmes du harem, pavillon pour la lecture, kiosque pour la pêche et les jeux d’échecs, et même une scène pour des représentations théâtrales de la troupe royale composée seulement d’actrices. Le tout en harmonie avec un système de jardins fleuris où poussent des essences rares et précieuses, de lacs, d’étangs, d’îlots avec passerelles et ponts, de bois couverts de toiture, de montagnes en miniature et d’allées bordées de pins...
Tu Duc ( 1848 – 1883 ), petit-fils de Minh Mang, fût le quatrième roi de la dynastie des Nguyen. Bien qu’ayant tué son frère aîné pour monter sur le trône, il se voulait un roi poète ( il aurait composé 1600 poèmes et s’adonna également à la prose ). Malgré ses 103 femmes et concubines, il était d’une santé fragile et n’eut jamais d’enfants, mais il avait adopté 3 de ses neveux à qui il aurait voulu transmettre la trône le moment venu, pour prendre sa retraite à Khiem Long, mais il mourut avant.
La construction de ce tombeau ( comme celle des autres tombeaux ) causa de nombreuses morts parmi les quelque 3000 ouvriers qui y travaillèrent entre 1864 et 1867, mais Tu Duc daigna leur rendre hommage dans l’un de ses poèmes :
« Quelle sorte d"éternité est cette Éternité ?
Ses murs sont construits d’os de soldats
Ses fossés sont remplis du sang du peuple ».
Cela n’empêcha pas les travailleurs de se révolter en 1866, sous la direction de lettrés qui avaient créé le « Cénacle des amoureux de l’alcool et de la poésie ». La « révolte des bâtisseurs de nécropoles » fût durement réprimée. Les rebelles, condamnés pour crime de haute trahison, furent exécutés. Pour calmer le peuple et l'encourager à continuer la construction, le roi a dû changer le nom "Résidence de 10 mille ans " par l'autre nom "Résidence de la Modestie" afin d'effacer ce nom ancien plein de haines, de malheurs à l'égard du peuple. Par l'intelligence et l'imagination, on a transformé le mausolée d'un mort en paradis des fleurs et des arbres, de la poésie et des rêves. Presque 50 bâtiments du mausolée portent le nom "Modestie".
L’allée par laquelle nous entrons dans la nécropole nous amène tout d’abord au bord d’un lac, où émerge une petite île sur laquelle le roi s’amusait à chasser. Au bord du lac, le roi a fait construire, en 1865, un charmant pavillon de repos, où il aimait venir composer ses poèmes.
Un escalier monumental nous mène ensuite au temple du Culte, mais ce qui est particulièrement remarquable dans cet ensemble, c’est le pavillon de la Stèle, car la stèle de Tu Duc ne pèse pas moins de 20 tonnes.
On dit que le corps du roi n’est pas dans son tombeau, mais quelque part ailleurs sous la plus haute terrasse. Les ouvriers qui creusèrent sa tombe auraient été exécutés pour qu’ils ne puissent pas révéler l’emplacement exact.

LE TOMBEAU DE GIA LONG
Gia Long , de son vrai nom Nguyen Anh, fut le fondateur de la dynastie. Né en 1762, il régna officiellement de 1802 à 1820 et fit construire son tombeau de 1814 à 1820.
Il se trouve à 15 km de Hué, sur la rive gauche de la rivière des Parfums. La nécropole de Gia Long est la plus vaste de Hué ( près de 3000 hectares ) et englobe pas moins de 36 collines couvertes de pinèdes. Ce cadre resté à l’état sauvage est très beau.
A l’intérieur de la nécropole, la disposition des bâtiments n’est pas la même qu’au tombeau de Minh Mang. Ici, le Pavillon de la Stèle ainsi que le temple du Culte ne sont pas disposés sur un axe longitudinal par rapport au tombeau, mais sur un axe transversal.
Le premier monument que nous rencontrons est le temple du Culte, ici, appelé temple de l’”Éclatante perfection”. Il est consacré au roi mais également à sa première épouse, Thua Thien Cao. Gia Long l’a fait élevé en 1815 sur le mont Bach “ la montagne blanche“, “ un des 14 sommets qui rendent hommage sur le coté droit au mausolée du roi ”. Il est composé de deux corps de bâtiments à toiture double et d’une longueur de 22 m. Le bâtiment principal situé à l’arrière, est profond de 14 m, soit deux fois plus que le bâtiment antérieur. Au fond du bâtiment principal, dans une grande niche sculptée, laquée et dorée, et fermée de rideaux de brocart, sont placées les tablettes funéraires des souverains, portant leurs titres rituels posthumes. Dans les deux pièces sont placés tous les meubles rituels : tables d’offrandes, dont quelques unes richement sculptées, chaises, tabourets, pupitre pour la lecture de l’acte d’offrande, supports, lits de camp, chandeliers, brûle –parfums...
Devant le temple s’étend une cour dallée carrée, avec au milieu une allée en carreaux bruns aboutissant à des escaliers ornés de dragons. Des deux cotés de la cour, deux bâtiments servaient de magasins. Sur le coté antérieur, la cour est fermée par une porte à trois baies, formant un pavillon à deux étages très élégant, avec des panneaux sculptés. De l’extérieur de cette porte, la vue sur les montagnes environnantes est ravissante.
En contrebas de cette porte, se trouvent deux cours d’honneur, dominant à leur tour la route extérieure et un large étang en forme de croissant.
Après avoir contourné par la gauche les soubassements du temple du Culte, nous arrivons devant les sépultures du souverain et de son épouse, élevées sur six terrasses. Les hauts murs de l’enceinte et les cours d’honneur s’étageant harmonieusement dégagent une réelle impression de grandeur. La cour supérieure est appelée Bai Dinh que l’on peut traduire par “ la cour où l’on se prosterne “ ( sous-entendu pour rendre hommage au défunt ).
Il faut un peu escalader pour apercevoir les cénotaphes. D’égales dimensions, ils sont constitués de deux blocs de maçonnerie, en grandes pierres de taille, et autrefois couverts chacun par un toit également maçonné. Lorsque l’on se trouve derrière le tombeau, on apperçoit sur une colline deux hauts pylones en maçonnerie. Ils avaient été élevés pour attirer les influences géomantiques fastes et détourner les néfastes.
Tout en bas, sur les bords de l’étang, se trouve la cour funéraire ornée de statues de pierre.
Le pavillon de la Stèle est situé à l’Est du tombeau sur le mont bleu. Le pavillon est imposant, mais la stèle de marbre gris est l’une des plus petites que l’on peut voir à Hué.
Il existe d’autres sépultures dans cette nécropole, le mausolée de la seconde femme de Gia Long ( la mère de Minh Mang ) et celui de la mère Gia Long. Ce dernier édifice fût construit en 1846.

LE TOMBEAU DE KHAI DINH


C’est le plus récent des tombeaux royaux, mais le seul aussi à renoncer à l’architecture chinoise. En fait, ce tombeau est un délire architectural où se mélangent des styles occidentaux et orientaux. Mais il est à l’image de ce petit roi, célèbre pour ses goûts particuliers et son ostentation. Il aimait se parer d’une montagne de bijoux, avec notamment une énorme bague à chaque doigt, et dessinait lui-même ses robes d’apparat : De style traditionnel vietnamien, mais avec des épaulettes militaires européennes et des bottes militaires...
Khai Dinh règna de 1916 à 1925, fut l’avant-dernier roi de la dynastie Nguyen ( il était le père adoptif de Bao Dai ). Impressionné par l’occident au point de se faire construire un monument funéraire à la gloire du béton et sans le moindre parc paysager, il ne vit pas l’achèvement de sa folie, achevée seulement en 1931, au bout de 11 ans de travaux.
Situé à 10 km de Hué et à 2 km de la rive droite de la Rivière des Parfums, le tombeau de Khai Dinh se dresse sur une colline offrant une vue panoramique sur les autres collines. L’une d’elle porte une imposante statue de la déesse Quan Am.
Le tombeau s’étage sur une colline par plusieurs terrasses. Une première volée de 36 marches nous fait accéder à la première terrasse, entourée de temples secondaires.
Encore 26 marches et nous atteignons la cour d’honneur. On trouve les inévitables statues en pierre de mandarins, mais si vous vous étonné de leur taille modeste, on vous répondra que oKhai Dinh ne mesurait que 1,40 m et n’aurait pas supporté des statues plus grandes que lui.
Le pavillon de la Stèle se trouve sur cette même terrasse.
Il ne reste plus que 47 marches pour atteindre la terrasse supérieure où se trouve le mausolée. C’est un bâtiment extraordinaire par sa décoration intérieure. On remarque tout de suite sur les murs une décoration faite de débris de céramique, de tessons de bouteilles. On y a représenté des fleurs, des arbres, des animaux, le tout étant censé représenter les quatre saisons. On dit que l’on fit venir des porcelaines des quatres coins de l’empire et que les artistes les cassèrent sur place à leurs mesures.
Le plafond de la salle de culte est décorée d’un immense ‘ dragon dans les nuages”. Le trône est surmonté d’un dais de béton pesant une tonne. Le roi est représenté par une statue grandeur nature, en bronze doré, fondue en France en 1922. La tombe que nous voyons n’est la vraie. La vraie est enfouie à 18 m sous cette salle. Le roi avait peur des vandales.

Citadelle impériale


La citadelle (Kinh Thanh) est ceinte de douves sur un périmètre de 10 km. On doit sa construction, entamée en 1804, à l'empereur Gia Long, qui fit choisir le site par des géomanciens. Les remparts construits sur le modèle des fortifica¬tions de Vauban, furent consolidés par un écran de brique de 2 m d’épaisseur au début du XIXe siècle.

L'empereur gouvernait depuis la cité impériale (Dai Noi ou Hoang Thanh), elle aussi protégée par des murs de 6 m de haut, à laquelle on accédait par quatre portes, la plus célèbre étant la porte Ngo Mon. Elle comprend entre autres, le palais de la Suprême Harmonie (Dien Thai Hoa), le Cavalier du Roi (Ky Dai) et le temple de culte des rois Nguyen (The Mieu). Au cœur, la Cité pourpre interdite abritait les appartements impériaux.


La tour du Drapeau


Egalement appelée "le Cavalier du roi", la tour du Drapeau (Cot Co) est surmontée d'un mât de drapeau haut de 37 m. Installé en 1809 puis prolongé en 1831, le mât fut abattu par le terrible typhon qui ravagea la ville en 1904. Reconstruite en 1915, la tour fut à nouveau détruite en 1947. Celle que nous voyons aujourd'hui date de 1949. En 1968, le Vietcong y fit flotter le drapeau du Front national de libé¬ration pendant vingt-cinq jours.


Les neuf canons sacrés


Situés à l'inté¬rieur de la citadelle, à proximité des portes donnant sur la tour du Drapeau, les neufs canons jouaient le rôle de défenseurs symboliques du palais et du royaume, bien qu’ils n’aient jamais été utilisés. Ils ont été fondus en 1804 à partir d'objets de cuivre dérobés aux rebelles Tay Son. D’une taille de 5 m chacun, leur gueule mesure 23 cm de dia¬mètre. Quatre canons près de la porte Ngan symbolisent les quatre saisons, et cinq autres à côté de la porte Quang Duc représentent les cinq éléments - le métal, le bois, l'eau, le feu et la terre.

La Porte Ngo Mon


Ngo Mon est la porte principale de la ville impériale de Huê, devant le palais de la Suprême Harmonie (Thai Hoa) et face à la tour du Drapeau.


Historiquement, quand le roi Gia Long bâtit la Cité impériale en l’an 1804, il érigea à l’actuel emplacement de la Porte Ngo Mon, une plate-forme nommée Nam Khuyet, avant de donner l’ordre en 1806 d’élever sur la plate-forme du Sud (Nam Khuyet Dai) le Palais de Can Nguyen. Celui-ci palais fut totalement démantelé un trentaine d’années plus tard par le roi Minh Mang, qui fit rebâtir à la même place, le Palais de Can Thanh et aménager la plate-forme Nam Khuyet de la porte Ngo Mon.


La porte est surmontée du belvédère des Cinq Phénix (Ngu Phung), sur lequel l'empereur apparaissait lors des grandes occasions, telle la publication du calendrier lunaire. C'est sur ce même belvédère que Bao Dai, dernier souverain de la dynastie des Nguyen, abdiqua le 30 août 1945 devant une délégation du gouvernement révolutionnaire provisoire de Ho Chi Minh.

La construction présente une forme en U divisée en deux parties, inférieure et supérieure. La partie inférieure est une plate forme réalisée en briques, en pierres "Thanh" et avec de pierres importées de la province de Quang Nam. La partie supérieure, beaucoup plus légère, est entièrement faite de bois avec une couverture de tuiles. On y accède par deux escaliers. La porte principale, la porte de Ngo Mon réservée au roi, est pavée de pierres "Thanh" tintées en jaune. De chaque côté, les portes de Gauche et de Droite sont réservées aux mandarins civils et militaires. La partie supérieure, le pavillon de Ngu Phung avec les 2 ailes supplémentaires semble former, vues du ciel, 5 phénix aux ailes déployées et aux becs entrelacés. La toiture du pavillon central est couverte de tuiles jaunes "luu ly", les autres de tuiles bleues "luu ly". La décoration est d’une extrême finesse : dragons courant sur les bordures des toitures sont ornés de décorations de dragons, chauve-souris portant des pièces d’or dans la bouche, gravure de d’abricotiers en fleurs, d’orchidées, de chrysanthèmes incrustées de porcelaine de couleur…

À l’étage supérieur du pavillon, la reine et les femmes du roi vivaient dans des salles cloisonnées de bois, et n’étaient autorisées à regarder à l’extérieur qu’à travers des fenêtres dissimulées derrière des stores, empêchant quiconque de les apercevoir.


L’étage inférieur restait généralement vacant, à l’exception des jours de cérémonie. Le roi trônait devant un gros tambour, que l’on utilisait chaque jour pour sonner l’ouverture et la fermeture de la Citadelle, ainsi que des cloches. Quand retentissait le tambour à la porte Ngo Mon, tonnaient les canons de la tour au Drapeau… Signal d’ouverture et de fermeture des portes pour la garde.

Le palais de la Suprême Harmonie


Le palais de la Suprême Harmonie, où étaient organisées les grandes cérémonies, se situe sur l’axe central de la Citadelle et de la porte Ngo Mon.


L’origine de sa construction remonte à 1805, sous le règne de Gia Long qui y organisa la cérémonie officielle de son avènement en 1806. Alors légèrement en retrait par rapport à sa situation actuelle, il fut déplacé à son emplacement actuel en 1933 par le roi Minh Mang, et installé sur un terrain surélevé. Longue de 44 m, large de 30,50 m et haute de 11,80 m, la construction comprend une partie centrale de 5 pièces et 2 appentis, ainsi qu’une autre partie divisée en 7 pièces et 2 appentis.


Ce grand palais aux colonnes rouges et dorées de dragons, comporte dans sa partie centrale un large panneau sur lequel on peut lire l’inscription Thai Hoa Dien (Palais de la Suprême Harmonie). Au fond en haut d’une estrade composée de trois marches, domine le trône du roi, à l’abri d’un baldaquin de dentelles dorées et brodées de dragons. Au centre du toit en tuiles vernissées jaunes, deux dragons jouent avec la lune. De manière à encore embellir le palais, le roi Minh Mang ordonna en 1839 que soient repeintes en rouge et dorées toutes les parties en bois. Plus tard, en 1894, le roi Thanh Thai fit daller le sol de carreaux de couleur.

Devant le palais, s’étend l’esplanade des Grandes Salutations (Cour Dai Trieu Nghi) avec son dallage de granit Thanh, et ses deux niveaux supérieurs réservés aux mandarins civils et militaires. De chaque côté de l’esplanade dépassent de petits écriteaux stèles indiquant la place attribuée aux mandarins. Au fond de la cour, près du pont Trung Dao, une nouvelle cour était réservée aux patriarches des villages qui souhaitaient assister aux grandes cérémonies.

Le palais de la Suprême Harmonie était réservé aux grandes cérémonies solennelle : avènement royal, choix du prince héritier, accueil d’ambassadeurs, grandes audiences… Avaient le début de ces audiences, qui se tenaient deux fois par mois, le roi était coiffé du chapeau Cuu Long aux neuf dragons, et portait une tunique jaune attachée par une grande ceinture. Tenant dans la main de l’encens parfumé, il s’asseyait sur le trône. L’assistance était alors réduite aux grands mandarins, ducs et princes, tandis que les autres patientaient dehors, dans la cour, chacun à sa place. Les grandes audiences débutaient très tôt et devaient s’achever avant le lever du soleil.

Les salles des mandarins


Dans ces bâti¬ments, restaurés en 1977, les mandarins se préparaient pour les cérémonies impériales tenues dans la salle de réception Can Chanh. Les salles se trouvent derrière le palais de l'Harmonie suprême, de part et d'autre d'une cour dans laquelle se tiennent deux gigantesques trônes de bronze (vac dong) du XVIIè siècle.


Les neuf urnes dynastiques


Coulées en 1835 et 1836, les neuf urnes (dinh) retracent à travers leur ornementation, les événements de la vie des souverains de la dynastie des Nguyen. Les motifs ciselés, certains sont d'origine chinoise, représentent le soleil, des montagnes, des fleuves… Haut de 2 m pour un poids de 1 900 à 2 600 kilos, les dinh sont le symbole de la puissance et la stabilité de la dynastie de Nguyen.

La Cité pourpre interdite

 


Construite en 1804 dans les premières années du règne de l'empereur Gia Long, la cité s'appela d'abord Cung Thanh avant qu’on ne lui donne son nom actuel en 1822. Elle communique avec la ville impériale par sept barrières, était réservée à l'usage personnel de l'empereur. La Cité pourpre interdite (Tu Cam Thanh) ne pou¬vait accueillir que les eunuques, car ils ne représentaient aucune menace pour la vertu des concubines royales.


La ville interdite abrite différentes œuvres architecturales qui sont entre autres le palais Can Chanh, Ta Huu Vu (originalement appelés pavillons de l'Est et de l'Ouest), le palais Can Thanh, la résidence Khon Thai, le palais Kien Trung le belvédère de la Lecture (ou pavillon des Archives) et le théâtre Royal.


La bibliothèque royale (Thai Binh Lau) constituée de deux étages, a été partiellement restaurée. Non loin de là se dressent les restes du Théâtre royal (Duyen Thi Duong), dont la construction démarra en 1826 et qui fut, plus tard, reconverti en Conservatoire national de musique.

Le Pavillon de la Splendeur


Au centre de la cour du temple dynastique, se tient l’élégant pavillon de la Splendeur. Construit sur un terrain rectangulaire en 1821, sous le règne de Minh Mang, ce pavillon de 21 m de long sur 13 m de large présente deux étages. Le premier étage, tout comme le rez-de-chaussée, est divisé en trois pièces, tandis qu’une seule salle occupe tout le deuxième. Des briques de Bat Trang couvrent le sol du rez-de-chaussée. L’intérieur est sculpté de fins motifs de fleurs, de lianes ou d’animaux. Devant et derrière, deux escaliers donnent sur la cour du temple dynastique.

Le pavillon de la Splendeur a été construit en l’honneur de tous ceux qui ont soutenu les Nguyên dans l’établissement de leur dynastie. Le temple dynastique est dédié aux rois, et les pavillons Ta Huu et Tung Tu qui jouxtent le pavillon de la Splendeur, sont en hommage aux mandarins. Par égard pour sa signification divine, les rois de la dynastie des Nguyên interdirent que soit érigé au sein de la citadelle, des constructions qui dépassent en hauteur le pavillon de la Splendeur.

Parc national de Bach Ma


La station de montagne de Bach Ma se trouve dans la province de Thua Thien-Huê à une cinquantaine de kilomètres de Hué. Du fait sa proximité de la mer, elle profite d’un climat tempéré toute le l’année, oscillant entre 4ºC en hiver et 26ºC en été.


Conditions climatologiques mises à profit dès les années 30 par les colons français, qui y bâtirent un centre de villégiature perché à un peu plus de 1000 m d’altitude. En 1937, on comptait 139 chalets de villégia¬ture. Pourtant la guerre et le défaut d’entretien ont sérieusement éprouvé la centaine de villas, la banque, la piscine, les courts de tennis qui avaient été aménagés. Aujourd’hui, seuls quelques murs sont restés en assez bon état pour être identifiés : la poste, l'église et l'hôpital.

En 1991, la zone protégée de 22 000 hectares a été classée parc national de Bach Ma (Vuon Quoc Gia Bach Ma), entretenu par les autorités local et les membres de minorités ethniques de la région. Le parc abrite une profonde biodiversité : 124 espèces d’animaux sauvages dont des tigres et des singes, 330 espèces d’oiseaux, 31 espèces de serpents, ainsi que 1 150 variétés de plantes y ont été recensés. En 1996, y fut découverte en 1996 à une espèce d'antilope inconnue, depuis appelée sao la.

Plage de Lang Co


La plage de Lang Co se trouve à côté de la route 1A, au district de Phu Loc, province de Thua Thien-Huê. Caractéristiques: La plage à 10km de long, près du col des Nuages et à distance de 24km de la section se Bach Ma. Elle a la pente douce, le sable blanc, la profondeur de moins 1m.


En saison chaude d'avril à la fin de juillet, la température moyenne est 25ºC à la zone de Lang Co, il y a abondamment le homard, le panaeus, le métapanaeus, la langouste, le crabe, la morue, la stromatée, l'arca sanguinolente... Auprès de là, on trouve les sites pittoresques comme la plage de Chan May (bas de Nuage), le village des pêcheurs de Lang Co, etc...